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Manuel à l'usage du parfait petit anticlérical

J'ai rédigé ce texte il y a quelques années, suite à un échange de mails avec un " parfait petit anticlérical " dont les arguments, entendus deux cent cinquante fois, m'avaient passablement énervée ; de là est née l'idée de les lister pour en faire ce " Manuel ". Je l'ai fait lire à diverses personnes, et ... well... comment dire ... l'expérience m'a montré que les imbéciles le prenaient au premier degré. Je reconnais que l'ironie est parfois très subtile, mais si malgré cela vous ne la percevez pas et prenez ce qui suit comme une charge contre l'Eglise, eh bien... c'est que vous faites partie des imbéciles précités. Et tant pis pour vous.

On commencera par quelque chose de simple : tout le monde sait bien que l'Église " dit, mais ne fait pas " ; les exemples, innombrables, seront faciles à trouver tant dans l'Histoire que dans l'actualité. On n'oubliera donc pas l'Inquisition, les Croisades, l'antisémitisme (quelques citations soigneusement choisies seront du meilleur effet), les " silences " de Pie XII, toutes sortes de collusion avec le pouvoir politique, la controverse de Valladolid, Galilée, tous les massacres divers et variés que l'on pourra mettre sur le compte de la hiérarchie ecclésiastique (dans son ensemble naturellement). On établira que les membres de l'Église ne suivent en réalité que leur propre ambition, voire leur perversion. L'objectif est d'établir que vu la conduite passée et présente de sa hiérarchie, l'Église n'a de leçon à donner à personne. On pourra d'ailleurs placer ici une petite attaque bien sentie sur les richesses accumulées en dépit d'un message de pauvreté. Rien ne sera superflu pour décrédibiliser l'ÉEglise.

Ensuite on se penchera sur la Bible, qu'il s'agira d'étudier de façon scien-ti-fique. On s'interrogera, en conséquence, sur les conditions de rédaction des textes et sur les critères qui ont amené les Pères à évincer les récits apocryphes : au nom de quoi ces textes n'ont-ils pas été retenus dans le corpus canonique ? On soupçonnera bien sûr des ambitions personnelles derrière ces choix. Ainsi le Nouveau Testament, loin de la vérité historique, ne sera qu'une construction, exclusivement destinée à prouver que Jésus-Christ est bien le Messie, imaginée par quelques individus soucieux d'asseoir leur légitimité, Paul en tête, qui seront accusés d'avoir écarté leurs détracteurs (abusivement, cela va sans dire).

On insistera aussi lourdement que possible sur les contradictions, les approximations, et les invraisemblances du texte. De cette façon, on établira que l'Ancien Testament n'est rien de plus qu'une compilation de mythes (ébaucher une comparaison avec d'autres mythologies). Il ne faudra pas omettre de tirer quelques phrases, afin d'étayer la thèse selon laquelle la Bible est essentiellement un instrument inventé par une poignée d'ambitieux, désireux d'exploiter la naïveté de leurs contemporains.

Ce travail de sape préalablement effectué, on abordera les choses sérieuses. Les dogmes, par exemple ; il conviendra d'insister sur le fait que la notion même de dogme est intrinsèquement contraire au respect de la conscience individuelle. Le culte des saints sera ravalé au rang de l'idolâtrie ; la virginité de Marie fera l'objet d'un court exposé scien-ti-fique (toujours s'en référer à la Science) démontrant l'impossibilité de soutenir sérieusement qu'une femme ait pu accoucher en restant vierge (on en profitera pour glisser que Jésus avait d'ailleurs des frères, dont on citera bien sûr les noms). On ne s'attardera pas trop sur les dogmes compliqués, comme la Présence réelle, la Trinité ou la Résurrection ; étant entendu que nul esprit réfléchi et raisonnable ne saurait de toutes façons croire sérieusement à de pareilles balivernes, il serait inutile de risquer de s'embrouiller (si par inadvertance on s'était laissé entraîner sur ces terrains, ne pas s'affoler, et changer carrément de sujet le plus naturellement possible).

Puis on relativisera le fait religieux en tant que tel. On justifiera l'existence de la religion en s'appuyant, au choix, sur Voltaire (" Nos prêtres ne sont pas ce qu'un vain peuple pense / Notre crédulité fait toute leur science ") et sur Marx (l'opium du peuple), sur Freud (Dieu n'est-il pas qu'une projection de l'image du père ?), ou sur Nietzche (la religion comme moyen de rassurer les faibles), entre autres.

On n'aura guère de mal à présenter quelques exemples pour prouver que la charité n'a rien à voir avec le fait d'aller à la messe régulièrement. Viendra alors la question des autres religions : l'objectif, ici, étant de parvenir à la conclusion que, finalement, toutes les religions se valent (on pourra même ajouter qu'il est donc vain d'en avoir une). On reviendra sur l'intolérance de l'Église à l'égard desdites autres religions (quelques connaissances historiques de base étaieront sans probléme cette partie du réquisitoire). Les guerres de religion prouveront assez qu'il est plus dangereux d'avoir des convictions religieuses que l'inverse.

Puis, on enfoncera le clou avec ce qui est le plus facile, parce que le plus actuel, et l'on démontrera combien l'Église est complètement réac'. Citons :

 

Conduite à tenir en cas d'urgence

S'il arrivait qu'un catho un peu borné tente de se défendre, on pourra utiliser une des techniques de survie décrites ci-dessous :

 

Ces quelques conseils seront utiles lorsqu'un chrétien semblera y croire vraiment : s'il n'est pas très assuré, il sera facile de le convaincre ; s'il concède, le féliciter de son progressisme et de son ouverture. Une fois la discussion close, on pourra se dire, la conscience satisfaite : " Affaire réglée ; il n'en reste qu'une poignée de bornés, dont on n'entendra plus parler demain ".

Exactement comme Ponce Pilate et Caîphe, un certain vendredi soir...

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